Mon parcours, hier et aujourd’hui
Je suis née dans une forêt d’immeubles en région parisienne. Depuis lors, la
nature m’est une grande source d’inspiration.
La photographie est l’histoire forte rattachée à mon père, à mon frère, à mes
compagnons. Elle m’a accompagnée de tout temps presqu’à mon insu.
De mon côté, des expositions, de peinture principalement, l’animation d’ateliers,
mon travail d’infographiste, retracent mon parcours de plasticienne.
La photo est alors un outil, pas plus.
Puis survient la période si spéciale de l’épidémie COVID et ses questions de la
liberté de mouvement.
Ces contraintes finissent de faire éclore chez moi un tout autre rapport à la photo.
Je ne la vois plus uniquement pour son côté utilitaire, mais pour elle-même, une
recherche et une pratique à part entière.
Un témoin du présent, du temps.
Un puissant révélateur des paysages intérieurs.
Mon propos; engager le corps avant l’esprit.
C’est un peu comme cela que je me mets en route avec pour la photo
qui surviendra suite à mes pas, mes déplacements.
Le sentiment de me trouver d’une grande disponibilité intérieure qui precède.
Avant la capture photographique : me laisser surprendre, me laisser envahir par cette impression que tout est possible.
La sensation aussi de commencer à lever le voile des mystères terrestres et humains; de la perte, de l’absence.
Un espace dans lequel je trouve la liberté d’exprimer une certaine mélancolie qui n’est jamais très loin.
Les lumières diaphanes, les atmosphères évanescentes, le brouillard, la brume, qui s’effacent peu à peu sont des fenêtres, des portes, pour moi, vers l’invisible, l’illisible.
Ce sont mes sujets positivement obsessionnels.
Et puis il y a cet élan de transformation ; transformer la photo. L’ancrer par une action au delà de la prise de vue.
Rephotographier la photo, y rajouter des touches de couleur; une fleur, une plume, des symboles de legereté, de fragilité…
Parallèlement, je brode des photos. Des chemins des lignes des liens. C’est également une action de transformation, exterieure et interieure.
Un travail artisanal délicat qui inscrit cette transformation, grâce au temps qu’il faut pour le faire.
Pour moi, la photographie témoigne du temps qui s’écoule,
elle parle de l’instant qui nait et qui disparait. Qui ne reviendra pas.
Elle me console de cette impermanence inévitable.
Car au-delà de nous elle laisse une trace.