ARCHIPEL

archipel gallery

Archipel ATELIER

Démarche artistique
Nous sommes un collectif d’artistes, une nébuleuse d’intentions esthétiques venue de l’association Archipel. Ce collectif en est un fragment, se détachant de l’association d’origine. Si tout fragment est fragment de quelque chose, son existence ne renvoie pas nécessairement au tout dont il est issu. Il est donc nécessaire de se définir et de présenter ce collectif autonome.
Archipel est un collectif d’artistes qui travaillent plusieurs disciplines comme la peinture, la sculpture, la céramique et toute autre expression artistique. L’objectif essentiel du groupe est d’amener l’art contemporain vers l’inhabituel par des expérimentations, des matériaux, des techniques nouvelles ou inattendues.
Porter une réflexion sur l’image, le sens du langage ou du corps est une préoccupation très présente dans ce collectif.
Pour les Arts en Balade de 2024, Archipel présente trois plasticien.nes dans les locaux de l’association Archipel à Arnaud-Bernard, lieu qui leur sert d’ateliers depuis 2015.

PINEL Xavier – XP

L'ombre A4

Xavier Pinel est un artiste plasticien qui vit et travaille à Toulouse. Dans sa pratique, il questionne la perception du réel à travers la fiction et inversement. Comme ses pairs, il fait dialoguer les techniques anciennes et nouvelles. Images fixes et images en mouvement apparaissent aussi bien en peinture,
photographie, vidéo et installation. La même image peut subir d’infinies traductions. Ces réversibilités sont au cœur de la réflexion de l’artiste. A force de démultiplier les dimensions et les sens, est-il possible de mieux mesurer notre perception ? Pouvons-vous atteindre une forme de vérité, d’absolu… ?
Cet « enjeu perceptif » questionne aussi « un enjeu artistique ». Quel est le statut de l’objet produit par l’artiste ? Et lorsqu’il délègue son geste créatif à une machine, à une intelligence artificielle, quel est cet objet ? Est-ce une œuvre… ?

MARCHADIER Laurence

Affichage_1

Artiste, plasticienne pluridisciplinaire, mon travail s’articule sur des questions sociales, humanistes et environnementales avec comme point de départ “La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948” et “La Charte de la Terre”.
Avec le processus « Alphacolor » code couleur personnel de l’alphabet et des signes de ponctuations, comme un “ADN »
je propose une réécriture de ces textes (ou un extrait) sous forme d’installations pour nuancer, mettre en visibilité
les sujets de droits humains au regard de l’actualité.

COLIN-FOLCO Louise

Détail de l'oeuvre Nouées, 2020. Tissage. Louise Colin-Folco

Je travaille principalement le tissage et la couture en parallèle de l’écriture.

Pour moi, ces pratiques artistiques se répondent. Ce sont des modalités d'expression qui me permettent d'appréhender différemment les notions de linéarité, de mémoire et de point de jonction par où une chose se donne à voir en regard d'une autre.
Mon travail de création interroge aussi, plus spécifiquement, la notion de trame et ce qui permet la jonction, la réunion ou l'alignement d'objets, d’instants ou de tonalités différents sur une seule et même ligne.
Pour ma part, ce que j'aime faire, c'est me jouer de cette idée de trame linéaire, de son alignement. Je crée des œuvres tissées fragmentaires qui amalgament toutes ces choses, mais où subsistent toujours des écarts, des soubresauts, des manques et des raccordements hasardeux qui viennent "faire défaut" dans l'ensemble des fils noués.
Mes œuvres tissées incorporent, ainsi, toute sorte d'éléments que je glane. La marche est aussi au cœur de ma pratique artistique, car elle me permet de collecter, retenir et réunir de petites choses que je viens nouer. Je cherche ainsi à retenir de petites impressions, de petites traces ténues à charge de révéler quelque chose des différents territoires que j'ai pu traverser ou habiter et de l'énergie qui s'y trouvait.
Je compose donc depuis une certaine forme de faillibilité.
Faillibilité du souvenir, notamment.
C’est pour cette raison que dans mes œuvres, je mélange à la fois des déchets, du plastique, des brindilles, de la céramique, des plantes, des roches, des morceaux de meubles, de la cire, des nids d'oiseaux, des morceaux d'écorces, des os ; mais également des tirages photographiques de différentes époques.
En mélangeant tous ces éléments de factures différentes et chargés de significations différentes sur un même plan, je donne à voir la fragilité ou plutôt la porosité de certains fragments qui, au contact d'autres choses, s'activent, s'agitent différemment.

En somme, je dirais donc que mon travail artistique, tant plastique que littéraire, consiste à trouver, récolter, mélanger ou réunir des fragments éparses, de petits détails que je glane. Je tente d'en faire jaillir de nouvelles pistes, de proposer de nouveaux chemins de mémoire, de nouvelles cartes sensibles grâce aux nœuds que j'y façonne. Ils permettent de faire tenir ensemble de petites choses distinctes qui entrent en résonnance de manière inédite lorsqu'elles "entrent en collision".

LA RUE S’EXPRIME

couverture

“La rue s’exprime” est une installation urbaine participative qui a donné naissance à plusieurs « Expériences », des séries photographiques uniques.
Pour chaque « Expérience », une photo issue d’une précédente série, “Urban still life” (des objets et meubles abandonnés dans les rues) est replacée dans l’espace urbain, là où elle a été prise. En grand format, elle est agrémentée d’une phrase et de feutres qui incitent les personnes à s’exprimer. Chaque jour, une photo de cette installation est réalisée afin de voir l’évolution des messages et les traces du temps sur l’image.
Je propose de découvrir chaque « Expérience » : la série de photo prise chaque jour ainsi que le résultat final, l’image métamorphosée par les messages, enrichie ou détériorée, entière ou en lambeaux…

FATIN Aurélie

Ayant longtemps travaillé l’installation, je reprends principalement une pratique de dessin à partir de 2019 et plus récemment de céramique. Je m’attache à explorer l’organique, le vivant par des processus de prolifération des formes. Mes dessins s’inspirent des formes de la nature, du corps vu sous sa dimension microscopique, évoquant tantôt des veines, des cellules, des synapses, tantôt des branches, végétaux, pierres. Chacun y lit ce qui lui parle le plus, les formes s’enchevêtrant les unes aux autres. Je travaille essentiellement à la pierre noire, au fusain et au crayon de couleur pour le dessin et en porcelaine et porcelaine papier pour la céramique.

VIAL Valérie

Screenshot 2024-01-30 at 15.00.43

Née en Colombie, après une première expérience dans le design graphique, j’arrive en France pour
continuer mon parcours artistique. J’étudie à l’École Nationale Supérieure d’Art Paris – Cergy (ENSAPC)
pendant cinq ans. J’explore l’art dans sa pluridisciplinarité : je peins, je fais de la photo, de la performance,
des installations, de la vidéo. Je travaille à partir d’archives, de témoignages, de rencontres. Avec l’artiste
Carole Benzaquen, je collabore avec des femmes migrantes, un projet de rencontres sociales et
artistiques, des récits de mémoire. Cette expérience confirme mon désir de donner une voix et de rendre
visible celles et ceux qui ne le sont pas ainsi que leurs histoires.

À travers mes oeuvres, je cherche des échos de la mémoire intime dans une mémoire collective,
plus large. Je suis fascinée par la manière dont nos identités se forgent à travers nos vécus et nos
expériences.
Je m’interroge sur la déconstruction de nos apprentissages souvent imposés et/ou dirigés. Je détourne
des techniques, je les remanie, me les appropie.
J’adopte des gestes hérités des femmes avec qui j’ai grandi : coudre, tisser, filer, réparer, broder.
Dans mes installations, différentes pièces dialoguent entre elles : matières végétales, fils, tissus,
structures tissées et moulées, végétaux suspendus, cousus…

Mon projet artistique « Nous étions des graines », est une installation en hommage aux métiers
généralement réalisés par les femmes, d’une grande importance pour la société, mais invisibilisés,
dévalorisés. Un quotidien propre au domestique évoqué à travers du linge, du fil, des aiguilles, des feuilles
séchées utilisées en cuisine… auxquels sont mêlés des éléments traditionnellement associés au féminin :
la terre, les plantes, la nature.
Je continue actuellement ce travail, j’explore la capacité de résilience, de transformation et d’adaptation
des femmes au monde qui nous entoure, à nos différents environnements, souvent hostiles.

HAVARD Fabienne

Maman Chamane Rouleau Alchimique 1500

Mes œuvres s’organisent autour d’une recherche graphique qui s’est développée depuis quelques années sur une recherche en alchimie. La symbolique alliée au travail du trait organise désormais et architecture mes expositions dont un rouleau de plus de trente mètres au total est la colonne vertébrale. Il décline les expressions des règnes, ainsi que les quatre éléments. Basé sur un travail d’introspection, une quête philosophique exigeante, basée sur les lectures de Bachelard, Bergson et les philosophes antiques, mes toiles font partie de cette geste qui se construit au fur et à mesure de l’élaboration des tableaux peints uniquement en noir, blanc et rouge, les trois couleurs des trois œuvres alchimiques. Une recherche persévérante et joyeuse de la quintessence.

QUEREJETA ROCA Carla

tanger150x150

Il y a presque vingt ans, j’ai commencé à déchirer mes toiles et à construire mes supports différemment. La surface plate ne m’était pas suffisante, j’avais besoin de rentrer dans la matière, d’une approche, d’un contact plus fort. Cela ne répondait pas à quelque chose que j’avais vu, mais à un besoin physique que je ne savais pas tellement expliquer.

Heidegger disait que ‘créer l’espace c’est faire librement un don d’endroits. Nous devons apprendre à reconnaitre que les choses ne font pas partie seulement d’un endroit, mais qu’elles sont, elles-mêmes des endroits.’

Ainsi, je crée des espaces pour héberger d’autres espaces.

Dans mon travail j’explore la relation entre l’espace habité et la construction de l’identité, à travers des matériaux et des supports différents. Des tableaux, des sculptures, des installations, mon travail se décline dans des formes différentes. La destruction et la reconstruction font partie de mon processus créatif; un chaos contrôlé, l’opportunité de l’accident, participent de la dynamique sensorielle qui donne naissance à mes œuvres.

PRIGENT Marilina

BAScerises d'hiver 02

Mon travail s’appuie sur la collecte d’archives, lettres, photographies, témoignages oraux que j’intègre à des vidéos et des installations.

Mon travail questionne la construction des récits. Je m’intéresse à la micro-histoire, aux récits de vie et évènements liés à des personnages oubliés, ceux qui échappent à la grande Histoire.

Travailler sur les archives me permet de manipuler un réservoir de significations stratifiées, multiples. Permettant par la déconstruction et la réécriture de dévoiler les narrations implicites. Je crée ainsi des espaces pour glisser la fiction.

Ma réflexion se porte sur les liens entre documents et histoire passée, dans leur dimension poétique afin d’explorer la notion du temps dans ce que l’on qualifie de mémoire collective.

Mes projets vidéo donnent à voir une réalité fragmentaire non-linéaire et polyphonique par laquelle, j’invite le public à une relecture sensible du monde, par une mise en résonance des histoires intimes et historiques.

COMBES Véronique

Installation

Mon travail, principalement figuratif, en relation avec les questions actuelles, s’élabore à partir d’un lien intime entre support et sujet traité.
Sur des matériaux simples, presque ordinaires (planches, écorces, toiles cirées, couvertures de survie, plexiglass, canevas…) se dessinent des bribes de vies bafouées et se crée une esthétique qui se veut révéler toute la force et la dignité du vivant.
A travers cette perception sensible du vivant, dans un aujourd’hui incertain, un futur à construire, je ne cesse d’interroger nos existences, notre relation à l’autre et notre propre vulnérabilité.