TINÉ Gérard
Atelier inconnu
43, route de Blagnac, 31200 ToulouseBus L1 - Arrêt Fourmi
g.tine@orange.fr
Percevoir, interpréter, concevoir par la médiation du pinceau et de la couleur, consistent à organiser sur la toile un territoire de tracés et de surfaces qui agencent des formes de traversées, d’encerclements, de franchissements, d’envahissements des couleurs, mais aussi de bordures à longer, à ignorer ou à transgresser (
L’accomplissement de la peinture implique l’égarement consenti et jouissif de la dérive des gestes mais aussi du regard parfois ébloui parfois déçu et perdu à la poursuite de l’accumulation vive, abondante et rapide des touches à la surface du tableau.
La saturation des teintes et la gradation des valeurs du clair au sombre peuvent être bouleversées par les mouvements de leurs mélanges. Les couleurs débordent les tracés, elles brouillent les dessins et se dissipent dans la superposition des couches accumulées, elles peuvent provoquer un incident heureux ou un accident qui relance une orientation nouvelle non prévue. Peindre, dans ce cas, engage une conduite d’action qui suppose que ne puisse jamais être atteint l’achèvement attendu de la peinture à un projet initial de finition : son modèle de finitude n’a pas d’existence préalable à son commencement. Tout peut commencer par une ouverture d’essais esquissés sur une mise en ordre provisoire, d’occasions à saisir, d’hésitations, de débâcles, et d’arrêts, de retours, de hasards heureux ou malheureux, de découvertes et de transformations et encore la forme de recommencements et de nouveaux départs.
Les trajectoires de lignes, le dessin des surfaces, les myriades de touches pigmentaires fabriquent le paysage d’un territoire pictural dans l’espace et le temps de leurs mises en œuvre quel que soit l’apparition des formes : figurées ou abstraites.
Les territoires picturaux propres à Gérard Tiné, témoignent de la force de la rencontre avec les travaux des artistes qui l’ont précédés. Outre leurs places dans le passé et dans l’histoire voire la préhistoire, ces constellations de peintures et de peintres sont contemporaines au présent de notre temps : il ne s’agit pas de reprendre ou imiter les figures et motifs qui font les thèmes et la valeur de leurs œuvres mais de réactiver les affects picturaux qui font signes de ce dont leurs créations procèdent et par conséquent de ce qu’elles fondent à agencer la singularité d’autres possibles.
Savoir à quel moment et comment commence l’acte de peindre ? Mais encore, pourquoi une peinture est achevée plutôt qu’elle n’est finie ? Comment elle affecte l’attention des regardeurs et sur quels registres de sensibilité et de sens ? Au-delà de ces questions, peindre c’est arpenter le champ et le hors champ qu’offrent les territoires d’actions et de perceptions que sont les œuvres de peinture. Des figures et des motifs incertains, indécis mais précis peuvent s’y déployer et s’adresser aux sensibilités et intelligences plurielles de nos regards.
Expositions récentes
Conservatoire des Arts rafraichissants 2016. Le Frigo Actal Albi. Mars 2026 Le grand Bazar (avec Luis Acedo)
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